Conseil municipal
du mardi
9 novembre1999

Cinq nouveaux Adjoints

L’autorité du Maire confortée.

Les autres points en bref.

La morale et les pharisiens

 

C’est un paradoxe, mais Henri PERENNOU apparaît en définitive comme le grand vainqueur des élections complémentaires d’octobre 1999. On pensait le Maire affaibli, sinon perdu, après les défections survenues dans ses troupes en cours d’été. C’était mal connaître son aptitude à rebondir et à surmonter les obstacles. En acceptant de pourvoir les postes d’adjoints, en laissant le Maire animer seul ce premier conseil de la nouvelle municipalité, les élus issus de la prétendue "opposition de droite" ont fait publiquement acte d’allégeance. Parce qu’ils n’avaient pas de programme. Le seul projet de cette équipe désormais au pouvoir, c’est d’accabler une opposition qui paraît affaiblie après les élections complémentaires, et de préparer la mainmise totale sur la mairie lors des municipales de 2001.

Ambiance d’après élections ce soir en mairie. Neuf nouveaux venus prennent place à la table du Conseil, en présence d’un public nombreux, lui aussi en grande partie renouvelé. Propriétaires terriens, figures des anciennes municipalités de Henri PERENNOU, voire de Henri PERRON (battu par Jean RICHARD en ...1977), personnalités des vieux milieux conservateurs Combritois, y figurent en bonne place. Comme si la commune venait de faire un bond de 25 ans dans le passé.

Il s’agit aujourd’hui, trois semaines après les élections, de désigner de nouveaux adjoints, et de prendre quelques délibérations de gestion courante. L’ordre du jour est peu chargé, en dépit du fait qu’aucun conseil municipal n’ait eu lieu depuis le mois de juin. L’enjeu est cependant important: il est de savoir sous quelle forme va s’instaurer la nécessaire cohabitation entre le Maire et sa nouvelle majorité. Comment l’équipe "Réfléchir; prévoir, oeuvrer" (RPO) va-t-elle parvenir à faire valoir sa différence ? A-t-elle d’ailleurs un programme alternatif à défendre ? Dispose-t-elle en son sein de personnalités capables se s’imposer face à un Maire aussi pervers dans l’exercice du pouvoir, aussi redoutable dans l’art du "diviser pour régner", que ne l’est Henri PERENNOU ?

L’allocution de Gérard CARIOU, chef de file du groupe RPO, le soir des élections, et la réapparition surprenante, presque cho- quante, du Maire à ses côtés, se glorifiant du succès de la liste de droite comme s’il s’agissait de sa 

propre victoire, alors que ces élections étaient d’abord à l’origine un désaveu de sa propre gestion, laissaient augurer de bien curieuses compromissions entre Henri PERENNOU et ceux qui, dans les milieux conservateurs, assuraient s’opposer à lui au nom d’un prétendu ordre moral. Les élus Agir Ensemble présents (manquent Régine LOUSSOUARN et Roselyne GUEGUEN), venus davantage en spectateurs qu’en acteurs, s’attendent lors de cette première séance du Conseil renouvelé à voir tomber les masques.

Cinq nouveaux Adjoints

A propos de Henri PERENNOU, Gérard CARIOU et ses colistiers pourraient répéter, s’ils méditaient sur sa situation, "il descendit aux enfers et ressuscita d’entre les morts". Cette résurrection, il la leur doit, à ceux là qui prétendaient vouloir sa fin. N’était-il pas en effet à priori inespéré pour lui de voir ses adversaires d’hier, parmi lesquels Guy RIOU et Paul BERGERON, non seulement accepter des postes d’adjoints, mais aussi s’engager dans une politique de collaboration qui lui permettra de rester le patron incontesté de la commune jusqu’au terme normal de son mandat, voire même de préparer les futures échéances de 2001?

"Si l’un d’entre nous accepte un poste d’adjoint, je démissionne", assurait à Alain BREUT tel nouvel élu de la liste RPO. Non seulement il n’a pas démissionné, mais il a lui même voté pour les attributions proposées par le Maire, tout comme l’ont fait ses huit colistiers et les deux rescapés de l’ancienne majorité, François MALLEJAC et Jean-Yves CARIOU. Par quinze voix pour et huit abstentions (Agir Ensemble) sont donc élus aux postes d’adjoints Gérard CARIOU, André CASTRIC et les trois anciens de la liste "Cap 2000", Guy RIOU, Paul BERGERON et Marie Augustine GENTRIC, récompensés en quelque sorte pour leur ancienneté.

Premier adjoint nommé, ce soir là, Gérard CARIOU sera en charge, non des finances comme il est d’usage, mais du port, de l’urbanisme et de la révision du POS. Il laisse à Paul BERGERON la responsabilité des finances. Guy RIOU, adjoint de Henri PERENNOU avant le schisme de 1995, retrouve la culture et les affaires scolaires. André CASTRIC hérite des travaux. Marie Augustine GENTRIC se voit enfin attribuer les affaires sociales, le tourisme et le commerce.

Notons que le premier adjoint selon la loi reste François MALLEJAC puisque le premier nommé de la mandature en 1995. Ce détail n’est pas sans conséquence, puisque seul le premier adjoint peut remplacer le maire. Nous y reviendrons...

La liste des attributions est révélatrice des priorités du nouvel exécutif. N’y figure pas le développement économique, pas plus que la jeunesse et les sports. L’environnement est oublié lors du conseil, et il faut en faire la remarque pour que finalement cette respon- sabilité soit confiée à l’adjoint aux travaux.

Réduire l’action économique à la promotion du tourisme et du commerce parait aujourd’hui pour le moins désuet, voire même franchement réactionnaire. Ignorer les dossiers d’environnement, c’est méconnaître non seule- ment l’attachement de la population à son cadre de vie, mais aussi laisser de côté l’une des principales richesses de la commune, l’un de ses principaux atouts dans ses éventuels projets de développement. Spécifier clairement que Gérard CARIOU, "premier adjoint" en charge de l’urbanisme, aura aussi dans ses attributions la révision du POS, c’est révéler toute l’importance attachée à ce dossier, lequel suscite de toute évidence bien des appétits dans les milieux dont est issue l’équipe majoritaire. De projet, de programme, il n’y en a pas. Y-a-t-il même une vision cohérente et complète des réalités de la commune ? Ce n’est pas sûr, et de toute façon, cela n’intéresse pas. Comme l’a dit Gérard CARIOU le soir du 17 octobre, l’important est d’ores et déjà de préparer les futures municipales de 2001. Mais il faudra compter avec les nombreuses convoitises que réveillent à droite les résultats de 1999. Hervé BARGAIN, présent dans le public avec quelques uns de ses colistiers, n’est pas le seul avec lequel il faudra compter. Le Maire en particulier est encore là, et son attitude risque d’être déterminante. Son ancien ami Fred LHOMME publiquement à dejà commencer ses "consul- tations". Et les autres ?

L’autorité du Maire confortée.

Avant de passer aux dossiers suivants, Henri PERENNOU précise qu’il recevra dans le courant de la semaine suivante tous les nouveaux adjoints un par un, pour les informer des dossiers en cours. Il ajoute qu’il tiendra avec eux des réunions hebdomadaires (assemblées municipales), et que les dates et ordres du jour des conseils municipaux seront arrêtés d’un commun accord. Il promet un nouveau conseil "sous quinze jours". Cette intervention est l’occasion pour Henri PERENNOU de rappeler qu’il entend assumer toutes les prérogatives de sa fonction jusqu’au terme normal de son mandat. Gérard CARIOU laisse dire: Henri PERENNOU a retrouvé une majorité à ses ordres. La crise de l’été 1999 et les élections qui ont suivi n’auront servi qu’à le conforter, au moins jusqu’en 2001, tout en exacerbant à son profit les ambitions dans son camp.

Pour RPO, comme l’assurait Gérard CARIOU dans un communiqué lu une fois la séance levée, ce premier conseil témoigne de la "remise en ordre" de la municipalité. Ce n’est pas l’interprétation que l’on en faisait du côté du groupe "Agir Ensemble". La collusion entre le Maire et ses dissidents d’hier est aujourd’hui flagrante, choquante. La bonne marche de la municipalité se jugera à l’avancement des dossiers, à l’efficacité des services, et aussi au respect ou non des principes de fonctionnement (le débat, la transparence, les réunions régulières de commissions,...) , qui permettront que le pouvoir de décision ne soit pas spolié comme il l’a été par un exécutif replié sur lui même.

Les autres points en bref.

Représentants de la commune au C.C.A.S. Henri LE RHUN, Joëlle TIRILLY et Joël GOARIN sont élus pour remplacer les élus démissionnaires de l’ancienne majorité au conseil d’administration du Centre communal d’action sociale.

Rachat de ses locaux par la C.I.E.E. La C.I.E.E., entreprise logée par la commune en atelier relais à Kerbenoën, a souhaité faire l’acquisition de ses locaux, ainsi que du terrain attenant (1 403 m2). Accord unanime du Conseil, pour un montant de 450.000F (estimation des Domaines).

Subvention à l’association "Les Ateliers". Cette nouvelle association, qui propose des cours de dessin, de peinture et de sculpture, demande à la commune de lui octroyer une subvention de démarrage de 2.000 F. L’aide est finalement acceptée, mais les votes sont très partagés. Gérard CARIOU et Paul BERGERON votent contre. Alain BREUT demande des explications. "Les activi- tés de cette association ont un but lucratif", répond Gérard CARIOU, sans donner davantage de précisions; Paul BERGERON déclare de son côté n’avoir reçu aucun document (notamment comp- tables) à l’appui de cette demande. "Nous verrons au moment du vote du budget 2000 quelle sera l’attitude des uns et des autres au sujet de l’aide à apporter au milieu associatif", observe Alain BREUT.

Motocross. Interrogé par le groupe Agir Ensemble au sujet du motocross, le Maire rappelle qu’une enquête publique aura lieu en mairie du 16 novembre au 16 décembre. Il rejette toute responsabilité dans ce dossier: "l’initiative vient du moto club de Fouesnant, le projet a été accepté par le Conseil Général, propriétaire du terrain. Le rôle du Maire est uniquement d’appliquer les dispositions d’urbanisme en vigueur". Henri PERENNOU assure que le Conseil sera invité à donner son avis dans le cadre de la procédure d’enquête.

 

 

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